Sociabilité et entraide

Depuis cent ans, le mouvement ouvrier a consacré très peu de réflexion à la question de la sociabilité. Cela est d’autant plus étonnant de la part des syndicalistes. Comment ont-ils pu oublier que les syndicats trouvent leurs racines dans les sociétés de secours mutuel ?

Les syndicats, ou coalitions ouvrières, se constituent le plus souvent, au cours du XIXe siècle, lors de conflits menés localement par une profession. Mais ils ne se créent pas spontanément. Les ouvriers ne se fédèrent pas après avoir lu les théoriciens du socialisme. Ce sont leurs sociétés de secours mutuel qui se transforment, lors de grèves, en syndicats.

La caisse de secours mutuel devient caisse de grève. La société devient syndicat. Les animateurs de la société deviennent les mandatés du syndicat.


Au delà du travail notre temps quotidien est aussi consacré à notre, notre famille, nos amis, nos loisirs, activités culturelles, sportives, etc. C’est aussi dans ces temps et espaces là que se construisent une contre-société. D’autant plus à cette époque caractérisée par l’atomisation des individus, le repli sur soi (ou identitaire) et l’individualisme.

Ces associations, quand elles assument un caractère de classe, peuvent permettre de structurer sur le temps long, dans un environnement collectif et émancipateur. Se sociabiliser, constuire et s’organiser ensemble, cela rend déjà notre vie meilleure et nous prépare à la lutte : des habitudes, des liens, des capacités de communication, de l’organisation collective, du matériel, des finances, de la logistique, etc.

Riches de nombreuses expériences associatives, notre courant syndical participe par exemple activement au sport populaire par des formations et conférences sur le sujet et par le développement d’une dizaine de clubs omnisports reprenant comme nom le slogan historique de la CGT « Bien-Être, Liberté, Solidarité » (BLS).